Reuters rapporte que le Brent est remonté autour de 104 dollars le baril après le rejet par Donald Trump de la réponse iranienne à une proposition de paix, dans un contexte où la fermeture effective du détroit d’Ormuz continue de peser sur l’offre mondiale. Pour la Russie, ce niveau de prix soutient les recettes énergétiques, même si les décotes, sanctions et contraintes logistiques réduisent le bénéfice net.
Le ministère russe des Finances a récemment annoncé la reprise d’achats de devises, principalement en yuan, du 8 mai au 4 juin. Reuters indique que le volume prévu — 110,3 milliards de roubles, soit environ 1,46 milliard de dollars — est inférieur aux attentes de nombreux analystes, ce qui suggère que la manne pétrolière d’avril reste partielle.
La Banque de Russie a abaissé son taux directeur à 14,5 % le 24 avril. Cette baisse s’inscrit dans un cycle d’assouplissement, mais le niveau demeure élevé. Le régulateur reste contraint par les anticipations d’inflation, la demande budgétaire et le risque de dérapage des prix importés.
Le ralentissement économique constitue le deuxième pilier de cette lecture. Reuters a récemment souligné que l’économie russe a montré sa première contraction trimestrielle depuis trois ans, après une période de croissance alimentée par les secteurs liés à la défense. Le gouvernement russe vise encore une croissance positive en 2026, mais les marges se réduisent.
Le paradoxe du moment est donc clair : un pétrole élevé améliore la trésorerie extérieure, mais ne supprime ni les effets des sanctions ni la pression sur les entreprises, les ménages et le crédit. L’économie russe continue de fonctionner, mais avec davantage de frictions, de contrôles et de dépendance aux prix des matières premières.